samedi 24 octobre 2009

Des visites spéciales!


Cette semaine a été ponctuée de plusieurs visites. Pour commencer l’équipe de BDA, notre partenaire de Montréal, est venue nous voir dans notre petit coin de Luki. Valérie Bouchard est la représentante de la fondation et Mohammed Saleh est ingénieur, habitant de Kinshasa. Ils étaient accompagnés de Marie Quinty, une journaliste qui fait un reportage sur des étudiants congolais qui sont à Luki également. Pratiquement tous les jours ils venaient de Boma pour nous voir. Nous avons fait plusieurs réunions pour que le projet continue de bien aller. Jeudi était la dernière journée de leur visite, on a donc fait un souper ensemble : du bon poulet avec riz et haricot!


Par la suite, une autre visite d’un endroit très reconnu ici à Luki, « la roche ». Adrien et Émilie sont partis le week-end dernier pour aller visiter ce monument touristique! Ils étaient accompagnés de Jean-Maron, un ingénieur travaillant pour WWF dans le domaine forestier, et de Placid, un ouvrier du chantier qui est également forestier donc qui connaît tous les sentiers de la forêt. Une chance que nous avions un guide, parce que le chemin n’est pas évident à trouver. Il faut parcourir environ 15 km dans la forêt intense, donc une marche d’environ 5 heures et demie car la route n’est pas très dégagée. Il y a plusieurs dénivellations, des ruisseaux à franchir, des troncs d’arbres à éviter et plusieurs branches qui fouettent le visage. La route est ardue mais cela en vaut vraiment la peine.





Le départ a été donné samedi à 10h et ils sont arrivés en milieu d’après-midi. Ils ont abouti sur une petite place « aménagée », c’est-à-dire qu’il y a un endroit pour faire un feu et une dalle de ciment pour poser le campement. Déjà de cet endroit on voit bien l’immensité du paysage, mais il faut encore descendre plus bas pour atteindre la dite roche. En fait, c’est davantage une paroi rocheuse qu’une roche en soit. De là, on a un point de vue sublime sur toute la forêt de Luki, soit 32 000 hectares d’arbres. C’est à couper le souffle. Nos deux aventuriers du moment ont campé sur le site pour repartir le lendemain à 9h et revenir à la maison vers 14h, très épuisés et énormément salis!







Ensuite, mardi le 20 octobre c’était l’anniversaire de notre départ en Afrique, mais également le jour de naissance d’Adrien! Eh oui, déjà 24 ans! Étant donné la visite de Valérie, qui venait du Québec, Adrien a pu recevoir un beau cadeau provenant de sa famille. Il a prit plaisir à découvrir des livres, deux pochettes remplies de DVD et une jolie carte. Même si le dévoilement c’est fait à la lueur de sa lampe frontale, c’était quand même beau à voir! De plus, le soir nous sommes sortis en ville pour fêter l’évènement. Les gens de BDA ont pris part à la soirée qui fût ponctuée de danse, d’alcool et de pleins de rires! Encore bonne fête!


En terminant, il ne faut pas oublier l’élément essentiel : le chantier! En effet, cette semaine nous avons terminé la deuxième étape pour les briques. Nous avons ajouté cinq rangées dans la partie basse et trois rangées pour la partie haute. On a également terminé de fabriquer les fermes pour la charpente du toit et nous avons coulé le restant des colonnes d’armature. La dernière journée de la semaine a été consacrée entièrement à la montée des fermes. On a commencé par en monter une déjà toute assemblée et on s’est aperçu que c’était un travail très ardu. Le bois utilisé est très lourd et même si tous les employés du chantier ont été sollicités, la tâche c’est avérée énorme!




Après avoir arraché quelques briques en essayant de faire glisser les fermes, nous avons décidé de monter la base des fermes et qu’ensuite on les assembleraient en haut du bâtiment. Après une journée complète de travail, on avait trois fermes au complet montées sur le toit, pas encore redressées mais prêtes à l’être. C’était quand même très beau à voir: les employés chantaient pour s’encourager dans leurs efforts, Francis et Adrien ont pris part à la tâche, Pierre-luc supervisait le tout et Émilie prenait l’épreuve en vidéo! Ce fût une très belle matinée. De plus, la fosse sceptique a été entièrement crépit et nous avons commencé la confection des neuf dalles qui la recouvreront.


Pour les deux dernières journées de la semaine de travail, nous avons eut la visite de la pluie! Eh oui, une semaine exactement après le commencement de la saison des pluies, nous avons affronté notre première tempête jeudi soir. Les éclairs et les tonnerres étaient au rendez-vous, ainsi que le vent qui secouait dangereusement les arbres. Ceux-ci se sont débarrassés de plusieurs feuilles et l’eau s’est accumulée un peu partout sur le chantier. Vendredi en matinée, lorsque nous travaillions, nous avons eu de la pluie forte pendant environ 30 minutes. Les employés Africains ne travaillant pas sous la pluie, nous avons entassé tout le monde sous un vieux bâtiment pour que le travaille puisse se poursuivre, et par la suite tout le monde est retourné à l'extérieur! Nous sommes habitués à la fraîcheur des hivers québécois, mais eux ne supportent pas la froideur qu’apporte la pluie.


Voilà pour cette semaine, nous vous souhaitons une bonne dernière semaine du mois d’octobre :) Nous aurons deux vies à vous raconter la semaine prochaine car Adrien et Francis partent environ 4 jours à Kinshasa pour faire l’achat des portes et fenêtres. Émilie et Pierre-luc restent à Luki. Deux fois plus d’histoires vous attendent donc ;)

vendredi 16 octobre 2009

Mi-chemin vers la réussite!


Maintenant huit semaines que nous sommes au Congo pour accomplir notre projet. Notre bâtiment de 230 m² s’inscrira dans l’histoire des plus grands projets que le PRECI aura supportés durant ses 16 ans d’activités. Nous sommes très fiers de ce que nous avons accompli jusqu’à présent et sommes très enthousiastes de voir le projet avancer si bien!

Au cours de la dernière semaine, nous sommes allés voir un match de soccer opposant les habitants de la ville de Manterne et ceux du camp des travailleurs de Luki. Le match prenait place sur un terrain pas très sécuritaire. En effet, les joueurs jouent normalement nu pieds et le sol est jonché de souches d’arbre. Le gazon inexistant est remplacé par de mauvaises herbes calcinées!

Les deux équipes étaient très compétitives et les gardiens de but redoublaient d’ardeur pour protéger efficacement leur but. Plusieurs de nos employés de chantier étaient de la partie, c’était très agréable de les encourager! Lorsque nous sommes arrivés sur le terrain, ils avaient préparé des chaises en plastique pour que les blancs n’aient pas à s’asseoir par terre. Tous les enfants présents étaient près de nous et nous regardaient fixement. Même après deux mois de cohabitation avec eux, nous ne sommes toujours par habitués à nous faire regarder ainsi!

En arrivant sur le terrain, Francis s’est préparé pour jouer : il a enfilé tout son équipement sophistiqué pendant 10 minutes et finalement il n’a joué que 5 minutes à la fin du match! Il courrait d'un côté et de l’autre en étant très essoufflé. C’était bien amusant de le voir aller. Mais au moins, il a quand même mis la main à la pâte pour aider notre équipe à gagner! Le match s’est soldé par une victoire de 2 à 0 pour notre camp :) Malheureusement, nous n’avons pas pris de photo, ce sera pour la prochaine fois!

Nous avons également assisté à la renaissance d’un grand joueur de dames! Même s’il est très en demande auprès de la gente féminine, on parle ici du retour de Francis au jeu de Dames! En effet, après 10 ans d’absence à ce jeu, il a réussi à battre Fils, Kosou, Cédric et Aigle! Ils sont tous venus du camp des travailleurs pour passer du temps avec nous. Ils ont amené leur planche de jeu, fait avec du bois et dont les pions sont de vieux bouchons de bière! Il paraîtrait que la clé du succès c’est de prendre son temps. Il a très bien fait ça! C’était un beau moment passé tous ensemble.


Pour ce qui est des jours de semaine au chantier, tout s’est passé comme d’habitude. L’avancement du centre était moins palpable car le bâtiment n’a pas vraiment changé d’allure. Nous avons terminé de couler la ceinture de linteau et nous avons décoffré la moitié du bâtiment pour commencer les autres rangées de briques. Le mur du fond a maintenant cinq rangées de briques supplémentaires.


La construction de la charpente prend rapidement forme. Nous avons la moitié des fermes de toit de construites. Ce n’était pas facile car plusieurs fois on a dû changer de manière de faire le toit. C’est une partie qui demande plus de réflexion. Nous pensons bien que d’ici deux semaines nous aurons un toit.



La fosse sceptique est prête à être recouverte de dalles de ciment. Nous respectons toujours l’échéancier, mais nous devons continuellement pousser les employés pour être certains de ne pas perdre de temps. Ici la conception du travail est un peu différente qu’au Québec. Nous avons pratiquement perdu une journée pour la construction d’échafaudages qui sont d’ailleurs, selon nos yeux, très peu sécuritaires!


Toute l’équipe se porte bien, malgré l’apparition nouvelle de petites bestioles microscopiques nommées « chics », qui s’infiltrent sous la peau des pieds. Francis et Pierre-luc ont expérimentés la souffrance de ces intrus, car il faut les retirer à l’aide d’un petit morceau de bois très pointu. C’est Lily, notre cuisinière, qui est l’experte dans l’extraction de ces bibittes! Très douloureux paraît-il!


Nous avons plusieurs activités planifiées pour la semaine prochaine, donc nos aventures risquent d’être plus nombreuses ;) Après une semaine plus tranquille, il y a toujours de l’action! De plus, on est officiellement dans la saison des pluies: pas encore de grosses tempêtes mais le chef de chantier nous assure que depuis le 15 octobre à minuit, il y a plus de risque d’avoir de grosses pluies! C’est à voir. Et vous au Québec, déjà de la neige?

samedi 10 octobre 2009

Une semaine bruyante!


La semaine a commencé en se faisant réveiller par un immense bruit. On s’explique. En effet, près de notre nouvelle maison se trouve un gigantesque bout de bois creux au centre qui crée une grosse caisse de résonnance. Donc vers 5h du matin, vendredi, notre premier réveil dans notre nouvelle maison, on se fait sortir du sommeil d’une drôle de façon et c’est peu dire! Tout le monde, sauf Francis, est assis dans son lit en se demandant ce qui se passe. On entend une musique de percussion très intense et très rythmé. Cette séquence se produit cinq fois, à 5h, à 5h15, à 5h30, à 5h45 et à 6h.

Là Émilie dit : « Je vais aller voir dehors pour voir ce qui se passe », Francis répond avec un petit air rieur : « NON, fait pas ça c’est un signe de guerre! ». Alors là tout le monde part à rire ! Finalement Émilie est sortie dehors, elle a parlé au gars qui faisait du tambour. Évidement celui-ci s’est mis à lui parler en Lingala et elle n’a rien compris! Une fois rendu au chantier on a demandé des explications au conducteur des travaux qui est en même temps le chef coutumier du village. Il nous a expliqué qu’un monsieur frappe tous les matins sur ce gros gong pour réveiller tous les travailleurs du camp. Par chance le cadran humain se fait entendre uniquement la semaine, il prend congé lors des fins de semaines!

Par la suite, on a dû faire face à quelques petits problèmes d’approvisionnement en eau. Dans notre maison, notre eau est fournie par une citerne de 500L qui se situe en haut d’une falaise en arrière de la maison. On ne se rend pas compte à quel point on utilise l’eau au Québec. Juste prendre 4 douches, se laver les mains, les dents et aller au petit coin ça utilise beaucoup d’eau. On a donc payé quelqu’un pour remplir notre citerne, mais étant donné que la source se trouve trop loin dans un chemin très escarpé, personne ne veut accomplir le travail plus d’une journée! Parfois quelques employés du chantier restent après le travail et vont puiser de l’eau à la rivière et ils reviennent en camion. Le week-end passé on a dû prendre notre douche avec un sceau et utiliser la nature pour effectuer nos besoins!

Ce week-end, on s’était organisé une sortie à Muanda, la plage où on est allé voilà trois semaines. Cependant, on est allé le samedi à la place du dimanche et c’était fermé au public. Étrange mais impossible d’accéder à la plage! On a donc usé de nos contacts et on a parlé avec un monsieur qui travaille pour WWF mais à Muanda. Il connaissait une autre plage où on pouvait aller, un peu plus haut sur la côte. On a également eu la chance de monter en haut d’une grande tour d’observation pour voir l’immensité du paysage! C’était vraiment superbe. On a aussi fait un petit tour dans un village où il y avait des vieux vestiges du temps où les Africains étaient des esclaves. Ce fût un très beau samedi! Un peu moins ensoleillé mais tout aussi plaisant ;)









Pour ce qui est du projet en tant que tel: tout se passe super bien, on a fini les murs jusqu’à la hauteur de la ceinture de lainteau. On voit vraiment les pièces qui ont pris forme sous nos yeux! De plus, on a fabriqué les colonnes d’armatures qui ont été positionnées dans les boîtes de coffrage sur la moitié du bâtiment et qui une fois rempli de mélange ciment et caillasse formeront le lainteau. Ce travail très ardu de ferrailleur a été entrepris par Adrien, Francis et Émilie tandis que Pierre-luc prenait part au travail de menuisier pour construire le coffrage à l’Africaine!









On a également pratiquement terminé le puit perdu, car il ne reste que la dalle pour le fermer à couler et on a avancé la fosse sceptique. Nous avons aussi rencontré le charpentier pour prévoir de quelle manière on va finir le bâtiment. Notre équipe d’ingénieur a déjà une bonne idée de l’allure que prendra le toit, mais il faut prendre en compte que les méthodes congolaises ne sont pas du tout les mêmes qu’au Québec!




Ce vendredi, nous avons donné rendez-vous aux employés à Mangala pour prendre une bière entre nous. La dernière fois qu’on avait fait une tel rencontre, cela avait été un vif succès! Hier, pratiquement tout le monde était présent, réunis autour de plusieurs tables. La propriétaire doit n’avoir jamais vu autant de monde sur sa terrasse! Il y avait de la bonne musique pour faire de l’ambiance. Au début, tout le monde était bien assis tranquille, mais après quelques consommations on commence à se dégêner! Plusieurs employés se sont mis à danser.



Évidemment Émilie étant ce qu’elle est, elle a pris part à la danse! Une blanche qui danse suscite beaucoup d’intérêt. En effet, dès le premier mouvement de fesse, tout le monde applaudissait. C’était très drôle comme situation. On était tous là entrain de danser et on était observé par quasiment tout le quartier! Finalement Adrien aussi a rejoint les rangs pour se déhancher au rythme ennivrant de la musique. Émilie dansait avec Francis et Pierre-Luc a dansé avec une demoiselle locale! La soirée s’est terminée vers les 11h et tout le monde est revenu avec nous dans le camion. On recommencera c’est certain!




On vous redonnera des nouvelles la semaine prochaine. Bonne semaine les Québécois ;)